Extension et amélioration de la majorité qualifiée


 

Tout d’abord, de quoi s’agit-il ? Au sein du Conseil des ministres, l’adoption d’une loi peut se faire de deux manières : à l’unanimité ou par un vote à la majorité qualifiée. Le premier est beaucoup plus lourd et compliqué que le second. L’unanimité exige donc que tout le monde soit d’accord, il suffit d’un état contre et tout s’arrête, en théorie (même si la pratique montre davantage de souplesse). L’autre solution, c’est un vote à la majorité qualifiée, avec lequel, si une majorité d’états sont d’accord avec la loi, elle est adoptée, pouvant ainsi mettre certains états en minorité (dans la pratique c’est toutefois plus consensuel).

Avec le traité de Nice, la Pologne avec 40 millions d’habitants a 27 voix, et l’Allemagne avec 80 millions d’habitants en a 29, presque autant. C’est absurde. De plus, d’autres critères venaient alourdir ce système. Avec le TC, il faudra avoir 55% des états et 65% de la population. La procédure est ainsi améliorée, les décisions seront beaucoup plus faciles à prendre.

De plus, les domaines où la décision se prendra à la majorité qualifiée sont bien plus nombreux : une vingtaine de domaines passent ainsi de l’unanimité à la majorité qualifiée, et les nouveaux domaines d’action de l’Union sont immédiatement traités à la majorité qualifiée (une vingtaine de domaines également).

Si l’on peut regretter que certains domaines ne soient pas passés à la majorité qualifiée, il faut cependant rappeler que l’article IV-444 (Clause passerelle), notamment, permet d’y passer par un simple vote, sans repasser par la rédaction, la signature et la ratification d’un nouveau traité.

Toutes ces nouveautés faciliteront la prise de décision au niveau européen.

 

Article IV-444

 

Domaines passant de l’unanimité à la majorité qualifiée

Nouveaux domaines, traités immédiatement à la majorité qualifiée

I-37-3 : Comitologie

I-54-4 : mesures d’exécution des ressources propres

III-136 : régime social des travailleurs migrants

III-141 : accès aux activités non-salariées

III-185-6 : contrôle prudentiel des établissements financiers par la BCE

III-187-3 : statut de la BCE

III-191 : mesures pour le passage à l’euro

III-236 : règles communes en matière de transport

III-263 : coopération administrative en matière d’espace de liberté, de sécurité et de justice

III-265 : visas et contrôle de la circulation des étrangers

III-266 : système commun d’asile

III-267 : politique commune de l’immigration

III-269 : coopération judiciaire en matière civile sauf droit de la famille

III-270 : coopération judiciaire en matière pénale

III-273 : Eurojust

III-275 : coopération policière

III-276 : Europol

III-280 : culture

III-315-4 : accords commerciaux avec exception culturelle

III-359 : création de tribunaux spécialisés

III-364 : pouvoir de la cour de justice en matière de propriété intellectuelle

III-381 : statut de la cour de justice

III-382-2 : nomination de la BCE

III-412-2 : mise à disposition de ressources propres

I-22 : nomination du président du Conseil européen

I-24 : Formation du Conseil

I-28 : nomination du ministre des affaires étrangères

I-32 : organes consultatifs

I-47 : initiative citoyenne

I-60 : accord de retrait d’un état membre

I-9 et III-325 : procédure d’adhésion de l’Union à la CEDH

III-176 : propriété intellectuelle

III-254 : espace

III-256 : énergie

III-282 : sport

III-284 : protection civile

III-127 : protection diplomatique et consulaire

III-260 : évaluation des systèmes judiciaires nationaux

III-271 : coopération judiciaire en matière pénale

III-296-3 : service européen pour l’action extérieure

III-311 : agence européenne de défense

III-312 : coopération structurée permanente en matière de défense

III-329 : application de la clause de solidarité

III-320 : assistance financière d’urgence aux pays tiers

Données issues de « La constitution européenne en 25 clefs » par Etienne de Poncins, éditions Lignes de Repères, 2005

 

 

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