Le TC ouvre la porte aux délocalisations !

 

Les délocalisations sont un véritable problème pour nos sociétés développées, mais il faut distinguer deux types de délocalisations :  celles vers des pays où la main d'oeuvre est nombreuse et bon marché comme la Chine ou l'Inde et celles vers les pays de l'Est.

Tout d'abord, les délocalisations vers des pays comme la Chine ne pourront pas être arrêtées par une quelconque politique nationale. La France seule ne peut pas rivaliser face aux puissances montantes que sont la Chine, l'Inde ou le Brésil. Pour leur tenir tête, la France devra s'engager autant que possible dans l'Europe, car seule une politique industrielle et commerciale définie au niveau européen peut nous protéger et développer notre industrie. Pour arriver à cela, le TC prévoit une représentation unique et efficace de l'Union lors des rencontres commerciales internationales, ainsi qu'une représentation unique de la zone euro dans les institutions financières mondiales. Cela permettra de protéger notre marché ou d'ouvrir celui de nos concurrents. Quant à une politique industrielle européenne, les récentes remarques de l'Allemagne à l'encontre de la Commission ont remis cette question à l'ordre du jour, mais elle n'a rien à voir avec le TC.

Ensuite, pour ce qui est des pays de l'Est, nous devrions faire un rappel historique succinct. Avec la chute du Mur de Berlin et l'effondrement de l'URSS, les pays de l'Est se sont retrouvés libres du jour au lendemain. La situation était cependant risquée, le communisme avait caché pendant 50 ans des problèmes qui n'étaient nullement résolu : fortes minorités hongroises en Roumanie, cohabitation difficile entre Tchèque et Slovaques au sein de la Tchécoslovaquie, patchwork identitaire en Yougoslavie, revendications territoriales potentielles nombreuses (Grande Hongrie, Grande Bulgarie, Grande Pologne, Grande Roumanie, Grande Serbie...), nationalisme, panslavisme, tensions religieuses... Les pays de l'Est n'étaient nullement assurés de vivre en paix, bien au contraire, une montée en puissance  de partis nationalistes extrémistes était à prévoir. Dans cet univers dangereux, il y avait un espoir de paix et de prospérité : l'Union Européenne. Mitterrand avait bien proposé une adhésion immédiate mais partielle, mais celle-ci fut rejetée. Les paix dits "de l'Est" devraient donc réformer leurs institutions, leur économie... avant d'entrer dans l'Union. Ce fut fait 15 ans plus tard, en 2004 avec l'adhésion de 8 pays d'Europe centrale et orientale (Bulgarie et Roumanie devant entrer en 2007).

Pouvions-nous leur refuser l'entrée dans l'Union ? Après 15 ans d'efforts, de réformes et de crises, après 50 ans de communisme et d'oppression, ces états méritaient bien qu'on les laissât adhérer enfin à l'Union européenne, malgré certains retards. Le TC n'a rien à voir avec les délocalisations, c'est une question de politique, mais considérons-la tout de même. Doit-on s'inquiéter de ces pays ? Non. Les délocalisations, si elles nous sont néfastes au premier abord, permettent cependant de développer ces pays qui deviennent des marchés pour nos produits que nous pouvons alors exporter. Ainsi, en 2003, la France avait un solde commercial de 2 milliards 330 millions d'Euros avec les 10 nouveaux entrants, 1 milliard 282 millions rien qu'avec la Pologne ! La croissance des échanges entre la France et les nouveaux adhérents était entre 1993 et 2003 de 16% par an ! Et tous jugent que nous pourrions faire bien mieux avec une politique plus volontariste. L'ouverture aux pays de l'Est est surtout une aubaine pour nos pays développés. Bien sûr, nous perdons des emplois d'un côté, mais nous en créons de l'autre.

Pour tirer partie de cet élargissement, nous devons mener une politique nationale plus efficace : ne mettons pas nos erreurs sur le dos de l'Europe ou des nouveaux adhérents.

 

Article III-323

 

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